mise à jour du 18/07/2005

Scenarii

L'écriture n'est pas toujours telle qu'on la connait dans les ouvrages classiques, soigneusement rangés sur les étagères de bibliothèques à vocation décorative...
Il lui arrive de se déguiser, à l'écriture, de mettre des masques, de faire sa coquette ou sa catin... Pas pour tromper le lecteur, non, mais parce qu'elle n'est tout simplement pas faite pour être lue en l'état par n'importe qui. C'est le cas dans un scénario.
On écrit un "scénar" dans un objectif précis : c'est une histoire complète mais non figée, que l'auteur a écrite en vue d'une "mise en images", se réservant de la tourner ou de la voir tourner par un réalisateur, il laisse une grande marge de créativité au niveau de la mise en scènes et des approches (plan américain, plongée, contre-plongée, travelling, etc.).
Proche d'une pièce de théâtre par sa forme dialoguée, mais selon un tout autre rythme, evoluant avec beaucoup plus de liberté dans des décors changeants, le scénario comporte des scènes plus courtes, des élipses entendues, et des effets spéciaux difficiles à réaliser au théâtre. C'est une écriture complètement différente du roman qui raconterait la même histoire. L'ambiance est restituée par de simples indications, succinctes et conventionnelles, en tête des dialogues : intérieur-extérieur, jour-nuit, lieu, action, etc.
Dans la littérature classique, le lecteur est pris par la main comme un enfant. Chaque personnage, chaque décor, chaque état d'âme est souvent l'objet d'une decription détaillée à l'extrême, allant parfois même jusqu'à lasser le lecteur impatient qui zappe alors carrément des passages entiers avec la tentation de reposer le livre... Qui n'a jamais éprouvé cette lassitude en lisant certains auteurs pourtant reconnus comme des parangons de la Littérature Française ?... (non ! on ne donnera pas de noms :c)
Tout au contraire, la lecture d'un scénario "se mérite", car elle oblige le connaisseur à reconstruire lui-même autour des dialogues toute une imagerie mentale. C'est du "concentré", aucun mot de trop, juste ce qu'il faut pour poser les changements de décors et maintenir le rythme.

Destiné à une série TV de 50 mn, en voici un exemple particulièrement réussi.

Série "Non Nobis Domine" de Jack Minier

Episode 1 : Le Lacet d'Argent

Episode 2 :