Le "procès" des Templiers

Philippe le Bel ne fit pas dans la dentelle. Les accusations inventées contre les chevaliers au blanc manteau furent énormes, jugez-en :

  • lors de la cérémonie de réception, les nouveaux frères auraient été contraints de renier le Christ par trois fois et de cracher sur la croix ;
  • pratique de baisers indécents ;
  • incitation à la sodomie entre frères du Temple ;
  • adoration d’une statue diabolique, dénommée "baphomet " ;
  • lors de la Messe, omission de " sacrer par le corps de Notre-Seigneur ".
  • etc.,

L’ignoble procédure dura sept ans. Les accusés étaient " soumis à la question " et devaient répondre à un interrogatoire-type, dont les réponses étaient déjà formulées comme des chefs d’accusation. Les témoins à décharges étaient immédiatement incarcérés, tandis que Pierre de Bologne, le principal et le plus brillant défenseur des Templiers disparut mystérieusement. "Arrêt spaghetti" médiéval…  ?

La plupart de ces accusations farfelues furent abandonnées par la commission pontificale qui clôtura ses travaux, à l’Abbaye de Maubuisson, le 5 juin 1311. La fameuse statue barbue, mi-homme, mi-femme (le baphomet) ne fut jamais présentée. Comme rien ne put corroborer une hérésie commune entre Templiers et Cathares, l’accusation d’omission des paroles sacrées, lors de la Consécration, tomba automatiquement. Les actes de sodomie ne furent jamais prouvés. Il était peut-être plus facile de découvrir un cardinal pédophile qu’un Templier homosexuel… Quant aux baisers indécents, il ne s’agissait que des baisers de paix, comme les prêtres s’en donnent, lors de la Messe.

Seul le reniement du Christ par le crachement sur la Croix, lors du rituel de réception d’un nouveau frère fut retenu. Ce motif demeurait amplement suffisant pour allumer les bûchers. Pourtant, cette fantastique calomnie se révélait dénuée de tout fondement, quand on se rappelle que les Templiers se faisaient égorger ou décapiter sur place par les Sarrasins, plutôt que de renier leur foi.

Quoi qu’il en soit, alors qu’il " n’était que " condamné à perpétuité, le Grand Maître Jacques de Molay, conscient qu’il serait brûlé vif comme relaps s’il revenait sur ses aveux extorqués par la torture, proclama bien haut que son Ordre était pur et innocent de tout crime.

 

L’Esotérisme

La notion d’ésotérisme colle à l’histoire des Templiers comme un morceau de sparadrap récalcitrant. Ainsi que nous l’avions vu précédemment, les gens du Moyen Age pensaient qu’il n’était possible de faire fortune, qu’au moyen de la guerre ou de la magie. Or, les fiers moines-soldats accumulaient les richesses, autant matérielles qu’intellectuelles. Comme on ne prête qu’aux riches, les mystères templiers ne firent que croître au fil des siècles.

Quoi qu’il en soit, l’ésotérisme, c’est l’exemple de la boite fermée, dans laquelle on vous affirme qu’une grenouille s’y trouve. Justement, vous avez entendu un petit bruit provenant de cette sacrée boite et quand vous la secouez, quelque chose bouge. Donc, l’animal s’y trouve. Soit ! Mais, vous voudriez tout de même regarder à l’intérieur, ne serait-ce que par acquit de conscience. Cependant, vous craignez d’ôter le couvercle, car la grenouille risquerait de s’échapper. Résultat, vous vous asseyez dessus en vous demandant si cette satanée bestiole ne va pas étouffer. Vous avez suivi tout le raisonnement ? Alors, vous venez de découvrir l’ésotérisme.

Evidemment, les saintes Ecritures nous rapportent que Jésus sur la Croix a dit à sa mère en regardant Jean, son apôtre préféré : " Mère, voici ton fils " et à Jean : " fils, voici ta mère ". Se ralliant à cette phrase, les Templiers auraient choisi Jean comme représentant du Christ, plutôt que Pierre. Vous savez, celui qui a renié trois fois son ami avant le chant du coq, afin de se faire pardonner, au lieu de se pendre comme l’autre traître de Judas. Du coup, l’Eglise ésotérique de Jean, la "véritable", mais que seuls quelques initiés connaissent (ceux qui ont osé enlever le couvercle et qui ont réussi à rattraper la grenouille) se trouve en opposition avec l’Eglise exotérique de Pierre, celle que tout le monde peut voir. Mais que ferait le gentil Jean, parmi les puissants caïds de l’Opus dei ? Quoi que…si Saint Augustin a pu développer sa notion de guerre sainte en utilisant le super pacifiste Jésus, pourquoi d’autres ne pourraient se servir d’un doux apôtre pour justifier l’organisation d’une armée de l’ombre, fort ténébreuse au demeurant… ?

Ce parallèle des deux Eglises se retrouve dans le Temple. Jacques de Molay n’était-il que le Grand Maître visible, alors que les véritables chefs, connus des seuls initiés, seraient demeurés cachés ? Fallait-il laisser détruire la partie saillante du Temple ? Mystère !

Tout est possible, en partant du principe que personne à ce jour n’a pu donner la moindre explication plausible concernant ces incroyables arrestations. Les Templiers ne pouvaient riposter contre un autre chrétien qu’après le troisième coup. Soit, mais avant le 4me, les soldats du roi auraient dû prendre la pâtée. Alors pourquoi ? Vous pouvez nous envoyer les réponses. Les gagnants seront tirés au sort et pourront nous réécrire la semaine suivante.

Que ceci ne vous empêche pas de verser vos dons au compte n°001-2897732-30 de CHIC SERVICE a.s.b.l., avec la mention " TEMPLIERS ET PELERINS ".En échange de vos généreuses oboles, vous recevrez une "indulgence plénière" ainsi que les remerciements de toute l’équipe et des utilisateurs de l’association. Vous aurez aussi et surtout œuvré pour une bonne cause.

Bibliographie

  • Les Templiers, les chevaliers du Christ (Georges Bordonove),
  • Les croisades vues par les Arabes (Amin Maalouf),
  • Les Templiers (Gilette Ziegler),
  • Les rois maudits (Druon);
  • Le B.A.-BA Templiers (Bernard Marillier).

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